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Dernière mise à jour le 28/11/2022

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Par des engagements  et des partages

Dans le quotidien ou au fil des semaines

  • Conférence Saint Vincent de Paul
  • Vistes aux malades (voir à "étapes de la vie")
  • Bouge ta Galère
  • Secours catholique CARITAS

Conférences saint Vincent de Paul (CSVP)

Objectif : Il s'agit pour des catholiques de soutenir au nom de leur foi, des personnes les plus démunies de notre société, sans distinction de religion et de nationalité.
Comment?  Par des aides matérielles ou humaines au local de l'association.  Des visites à domicile peuvent aussi avoir lieu quand la personne ne peut pas se déplacer. A l'occasion des contacts, l'écoute de la personne, l'échange avec elle, surtout si elle vit seule, est primordiale dans la mission des membres des équipes CSVP.
L'état d'esprit des membres des CSVP : Veulent avant tout être témoin de l'amour du Christ pour chacun de nos frères.
Leur devise : AIMER, SERVIR, PARTAGER
Témoignage d'un membre : "je retire du bonheur quand à la fin d'une visite, la personne rencontrée dit : "j'aime bien lorsque vous passez chez moi, c'est un peu un rayon de soleil, même les jours de pluie".

Organisation sur le territoire de la communauté de paroisses:
2 équipes, l'une sur les paroisses de Ste Geneviève et de Ste Jeanne d'Arc, l'autre sur celle de St Jean Bosco.

Attention, les personnes qui demandent une aide doivent obligatoirement fournir "une fiche de liaison" établie par une assistance sociale prouvant la nécessité d'une aide.

 Par ailleurs, pour toutes les demandes effectuées directement aux presbytères Ste Jeanne d'Arc et Ste Geneviève,  les personnes de permanence à l'accueil noteront les coordonnées du demandeur et les communiqueront au président de la conférence : Alain LEVY.

 l'équipe de St Jean Bosco :

Distribution de colis :chaque 3ème mardi du mois, de 14h à 17h. au sous-sol du foyer, à côté du presbytère 
Contact : Kandel Gérard
 Vous désirez être membres d'une des équipes des CSVP, il suffit d'être animer d'un esprit de tolérance, d'ouverture aux autres, d'humilité et de vouloir servir et aimer son prochain. 


Bouge ta Galère :

A été crée en 1993 sur l'initiative de la JOC.
C'est : 
un lieu d'accueil, de partage, d'échange dans le respect de chacune et de chacun.
Pour qui ? 
Pour les personnes qui "galèrent" parce qu'elles n'ont plus confiance, parce que les conditions matérielles sont trop difficiles, parce qu'elles spnt la proie facile des profiteurs de tout poil.
Les actions : les personnes qui galèrent se rencontrent une fois par semaine, le vendredi après-midi dans les sous-sol du presbytère Ste Geneviève.
Dans quel état d'esprit ? Ces rencontres  se vivent dans un esprit de convivialité, autour d'un café et de quoi grignoter avec des accompagnateurs bénévoles qui animent et sont prêts à répondre aux demandes d'aides, de soutien, de logement, d'emploi, de santé...
Le groupe est là pour se soutenir en se redonnant confiance les uns aux autres.
Les personnes soutenues sont appelées à se prendre en main pour se sortir de leur situation délicate.
Un prêtre participe à ces rencontres et anime un moment de réflexion, chacun étant respecté dans ses croyances. 

  

Accueil Familial de Vacances avec CARITAS-ALSACE, le pari d’une relation qui construit

« J’aimerais que mon fils sorte du quartier, qu’il voie autre chose... ». Les parents accueillis à Caritas Alsace-réseau Secours Catholique nous expriment régulièrement l’envie d’un mieux pour leurs enfants.

L’Accueil Familial de Vacances (AFV) est une des réponses que nous apportons pour les soutenir dans leurs aspirations éducatives. Comment ?

Caritas Alsace lance un appel à toute famille ayant un esprit d’ouverture et du temps à partager pour accueillir un enfant du 6 au 27 juillet ou du 31 juillet au 14 août.

Devenir « famille de vacances », c’est donner à un enfant la possibilité d’accéder à un temps privilégié de détente, de loisirs et d’échanges. C’est aussi permettre à une famille de s’enrichir par la rencontre, l’accueil et le partage avec un enfant. C’est une manière de vivre sa foi dans le concret du quotidien. 

Les bénévoles de l’équipe Accueil Familial de Vacances soutiennent les familles de vacances avant, pendant et après la venue des enfants. Des sorties communes sont organisées pendant le séjour.

 Pour tout renseignement, contactez Valeria BRAUNSTEDTER, 06 08 31 32 57 v.braunstedter@caritas-alsace.orgwww.caritas-alsace.org. Dépôt des dossiers avant le 30 avril 2015. Séjour déclaré auprès de Jeunesse et Sports (février 2015)


SYNTHESE PHASE PREPARATOIRE DU SYNODE DES EVEQUES SUR LA SYNODALITE Strasbourg, le 10 mai 2022

Equipe de coordination Marie-Claire Plumeré, Karin Flick, Agnès Lederle, Olivier Tarozzi, Pierre Kim, Gilles Reithinger synode2023alsace@gmail.com

 INTRODUCTION A LA SYNTHESE DIOCESAINE

En octobre 2021, le Pape François ouvrait à Rome la démarche de consultation synodale pour vivre la « communion, participation, mission » dans l’Eglise et le monde, et nous appelait à entrer en discernement pour que chaque diocèse puisse apporter sa contribution. Pour répondre à son appel, une équipe diocésaine a été constituée dans le diocèse de Strasbourg. Cette équipe s’est étoffée au fil des semaines et une réelle fraternité s’est instaurée entre les six membres, à savoir trois femmes et trois hommes. Sa mission était d’animer, d’encourager et d’accompagner la démarche de relecture et de discernement dans les paroisses, groupes, mouvements etc. à partir des dix axes proposés par le Synode des Evêques à Rome, mais également de laisser la possibilité de s’exprimer sur tous les sujets. Près de 580 groupes se sont constitués, soit 4500 personnes et autant de contributions écrites. Ces contributions ont été, selon ce qui était demandé par le Secrétariat général du Synode des Evêques, synthétisées en une dizaine de pages. Cette étape s’est réalisée dans la prière et le discernement, sans rien ajouter, retirer ou interpréter. Pour compléter cette présentation, un « compendium » sera disponible prochainement. Ce document, beaucoup plus détaillés et complet, présentera en détails les contributions sans mentionner les coordonnées des rédacteurs. La phase diocésaine étant terminée puisque nous avons envoyé la synthèse à l’équipe nationale à Paris, il y aura désormais une phase continentale qui précèdera l’étape universelle, à Rome, en octobre 2023. Il revient maintenant à chaque personne de discerner ce qui peut être mis en œuvre dès à présent. Le chemin synodale, temps de prière et de discernement, ne s’achève pas. C’est désormais le temps de la mission qui se poursuit… Au nom de l’équipe « synode Alsace », recevez toute notre gratitude pour votre contribution. Bien fraternellement, 16 mai 2022 L’équipe synode Alsace

1. LE PROCESSUS DE CONSULTATION

L’équipe en charge du synode dans le diocèse de Strasbourg - Un groupe de 3 femmes et 3 hommes aux expériences et profils différents - Des outils inspirés par ceux du secrétariat général du synode, mis à disposition à partir du mois de novembre 2021 sur le site du diocèse. - Des temps de présentation de la démarche, son sens et ses modalités sur différentes zones pastorales, auprès des mouvements… - Un webinair avec Sr Nathalie Becquart, sous-secrétaire du Synode des Evêques, à Rome, en février 2022. - Une boîte mail pour communiquer et déposer les contributions. - Une secrétaire pour le suivi des remontées. La participation - Environ 1 300 000 catholiques dans le diocèse - 580 contributions réceptionnées - environ 4500 personnes impliquées. - Les axes plébiscités : Compagnons de route – Ecoute – Célébration – Partage des responsabilités. - Les axes moins retenus : Se former dans la synodalité – Autorité et participation – Prendre la parole – Discerner et décider. - Environ 150 groupes ont partagé librement sur leur vie en Eglise sans choisir d’axe défini. - Entre 5 et 10 participants dans une majorité de groupes. La diversité des groupes investis - Communautés de paroisses : groupes de paroissiens, équipes d’animation pastorale, conseils pastoraux, conseils de fabrique, équipes de catéchistes, équipes de liturgie, servants d’autel, chorales, équipes de préparation des funérailles, équipes de préparation au baptême, équipes de confirmands, groupes de jeunes, groupes de partage d’évangile… - Zones pastorales : équipes de prêtres, coopérateurs laïcs en pastorale, conseils… - Pôle solidarité : Caritas, pastorale des migrants, des personnes handicapés, aumôneries d’hôpitaux, service évangélique des malades, équipes st Vincent de Paul… 4  - Mouvements : une quinzaine de mouvements différents (enfants, jeunes, adultes) - Autres : étudiants et jeunes pro, groupes œcuméniques, pastorale du tourisme, écoles catholiques, résidents en EHPAD, communautés charismatiques, communautés religieuses, équipes de fraternités, séminaristes, centres de formation et de retraite, faculté de théologie. - Quelques contributions individuelles.

2. L’EXPERIENCE DE SYNODALITE VECUE 

Quelques constats : - le bonheur d’échanger qui renforce les liens, développe la fraternité. - un enthousiasme ravivé pour continuer à se rencontrer. - la joie d’un grand nombre d’avoir pu prendre la parole. - un attachement fort à la communauté, à l’Eglise. - le faible répondant dans certains lieux, avec très peu de mobilisation. - la crainte d’une synthèse qui dilue les propos. - la peur de ne pas être entendus. - le scepticisme quant aux fruits de la démarche. - la déception émanant de lieux où rien n’a été proposé. - les peurs de certains prêtres. - une conscience accrue de l’ampleur, de l’importance et de l’urgence de la tâche. - beaucoup d’espérance pour la suite de la démarche. - l’heureuse participation des mouvements qui ont été inventifs pour adapter les outils aux enfants et jeunes en les mutualisant. - la révélation des talents de certains participants dans la prise de responsabilités, l’organisation ou l’animation. - la richesse et la fluidité des échanges sur le mode de la « conversation spirituelle », cadrée, à l’écoute les uns des autres et de l’Esprit, quittant un type de débat stérile. - le questionnaire et les axes proposés par le secrétariat général du synode ainsi que le vocabulaire utilisé ont souvent été qualifiés de « jargon » interne à l’Eglise, pas assez proche de la vie. Cela a été un frein pour aller vers les périphéries. 5  3. CE QUI RESSORT DE MANIERE SIGNIFICATIVE

3. CE QUI RESSORT DE MANIERE SIGNIFICATIVE

3.1. Accueil et écoute « Les éloignés par choix sont parfois plus proches que nous le pensons. Ils portent des désirs légitimes de sens. » Il ressort de nombreuses contributions l’exigence d’une écoute de tous, en particulier des petits et de ceux qu’on est tenté de laisser de côté, notamment les plus pauvres et les exclus de toutes sortes. Beaucoup souhaitent aller à la rencontre de l’autre accueilli avec toutes ses différences. L’écoute des jeunes doit être une priorité afin qu’ils se sentent entendus et accompagnés. Au cœur des communautés, une attention particulière doit être portée pour donner la parole à ceux qui n’osent pas la prendre. Au sein d’une communauté de paroisses, il est prévu un certain nombre de lieux pour prendre la parole : conseil pastoral, équipe d’animation pastorale, conseils de fabrique, assemblée annuelle des chrétiens… Quand ceux-ci fonctionnent bien, quand la parole circule, quand écoute et collaboration fraternelle en constituent le socle, ils sont un appui précieux pour le prêtre, les actifs des paroisses et toute la communauté. Mais ils n’existent pas dans certains lieux ou fonctionnent mal et beaucoup le déplorent. Le besoin d’échange entre laïcs et prêtres, primordial, est souvent noté comme insuffisant. Il est parfois déploré que seul le prêtre parle au nom de la communauté, les opinions des laïcs devant être subordonnées à son projet, à sa vision personnelle de la pastorale. Parfois, il est proposé de réviser les statuts des communautés de paroisses et des équipes d’animation pastorale pour que l’avis des membres des équipes ne soit pas que consultatif. La place et la parole du curé reste prépondérante, même dans les domaines qui ne le nécessitent pas. Pour avancer dans ce domaine, il est souhaité des formations à la prise de parole, pour apprendre à aller à l’essentiel et à mieux écouter l’autre. Les acteurs des mouvements d’Eglise partagent l’importance et la joie de pouvoir prendre la parole et d’être entendus au sein de leur mouvement. La question de l’accueil de l’autre revient presque unanimement comme le signe de l’accueil évangélique, d’une Eglise ouverte et missionnaire qui ne refuse personne et qui va à la rencontre de tous. Accueillir et accompagner en adaptant notre pas à l’autre qui marche à nos côtés. 6  L’accueil des personnes en décalage avec les normes morales enseignées par l’Eglise est abordé dans de nombreuses remontées. Dans une société où les divorces sont très nombreux, la question de l’accès des divorcés remariés à la communion est posée. Beaucoup s’interrogent aussi sur la manière d’accueillir les personnes homosexuelles dans la communauté ecclésiale. Plus globalement, l’accueil des familles recomposées, aujourd’hui nombreuses, remet en question les schémas hérités et normatifs. Que peuton faire à partir d’Amoris Laetitia ? Dans ces domaines, l'Eglise est vue, dans de nombreuses contributions, comme une institution fixée sur des principes qui ne sont pas toujours compris par nos contemporains et qui apparaissent comme contraires à la miséricorde. Dans certaines remontées, la position de l’Eglise en matière d’avortement dans les cas les plus extrêmes (viol, maladie, danger pour la mère) est remise en question. De nombreuses contributions soulignent l’importance de proposer un accompagnement, une formation et de la pédagogie. La demande est formulée, à de nombreuses reprises, pour un accompagnement des personnes en situation particulière et l’Evangile est perçu comme un lieu d’espérance, de miséricorde et de fraternité.

3.2. Vie communautaire « La vie paroissiale ne peut pas être une fin en soi. Nous souhaitons concilier la joie de retrouver des personnes familières et nous ouvrir à ceux que nous connaissons moins ou pas du tout. » La vie communautaire est plébiscitée avec un fort besoin de vivre la convivialité au sein des paroisses et des mouvements d’Eglise. La pandémie des deux dernières années a défait beaucoup de liens et renforcé l’isolement de certains membres de nos communautés, notamment les plus âgés et les personnes vulnérables. Il ressort la nécessité de développer les liens intergénérationnels par des projets et des rencontres qui permettent aux aînés de proposer la foi et les traditions aux plus jeunes, de cultiver la joie de croire et de célébrer tous ensemble dans une atmosphère plus familiale. Si parfois le modèle de la paroisse hérité des siècles passés semble dépassé dans une société qui a beaucoup changé, presque toutes les contributions évoquent le besoin de proposer des rencontres diverses aux communautés locales : pour lire, méditer 7  et intérioriser davantage la Parole de Dieu, pour prier ensemble sous des formes variées, pour échanger et mieux se connaître... Les activités qui lient convivialité et approfondissement de la foi sont souhaitées très largement sous la forme de repas, de goûters, de marches, de pèlerinages, de dimanches solidaires, de récollections, de propositions de jeux… Les contributions font état de la nécessité de s’ouvrir aux autres par un accueil des personnes qui frappent à la porte et qui peinent parfois à trouver leur place dans des communautés installées dans leurs habitudes. Cela nécessite une attitude fraternelle et humble avec du tact, de l’empathie et un grand sens du dialogue. Il est relevé comme une grande joie les nombreuses initiatives existantes en matière de solidarité à l’égard des plus démunis et des malades en particulier (Caritas, groupes Saint-Vincent-de-Paul…). Ces initiatives sont à développer notamment en direction des personnes souffrant d’un handicap et des « nouvelles pauvretés » telles que l’isolement des membres âgés de nos lieux de vie. L’accueil des migrants et des réfugiés de toutes sortes qui frappent à notre porte est vu comme une nécessité évangélique. Dans les paroisses rurales, le défi des déplacements d’un village à l’autre est relevé. Comment faire pour que les membres de la communauté de paroisses puissent se rendre à l’eucharistie dominicale lorsqu’elle n’est pas célébrée dans leur village ? L’église, en tant que bâtiment avec son clocher et le chant de ses cloches, est le premier marqueur identitaire à la campagne. Les églises sont un signe apprécié et rassurant de la présence des chrétiens dans la société et beaucoup insistent pour qu’elles soient ouvertes et accueillantes. Mais comment aller au-delà du village et s’ouvrir aux autres dans la communauté de paroisses, comment accueillir les nouveaux arrivants qui n’ont pas d’ancrage local ? Si la vie paroissiale s’est considérablement appauvrie parfois, il est relevé le dynamisme de certains mouvements qui permettent de se retrouver autrement : aumôneries, groupes scouts, groupes de préparation aux sacrements, Mouvement Eucharistique Jeunes, mouvements d’action catholique divers qui répondent à un besoin de vivre quelque chose de fort ensemble. Presque tous recherchent un esprit de famille où règne la fraternité.

3.3. Evangélisation « Nous rêvons d'une Eglise aux fenêtres ouvertes sur le monde, au cœur dilaté, et non recroquevillée sur elle-même, afin que nous révélions le visage du Christ à nos frères en humanité. » Le constat est fait de manière générale que les chrétiens apparaissent comme minoritaires dans une société sécularisée et marquée par des cultures multiples, surtout en ville. L’évangile et la foi ne se transmettent pas automatiquement au sein de la famille et dans les communautés paroissiales. L’affaiblissement des liens intergénérationnels et l’évolution de la vie des familles rendent la transmission de la foi difficile. Nombreuses sont les contributions qui s’inquiètent de cette situation où la foi chrétienne n’intéresse pas - ou plus - ou de la difficulté à rejoindre nos contemporains qui ne connaissent pas le Christ et l’Evangile. Beaucoup vivent douloureusement le fait que des chrétiens quittent les paroisses parce qu’elles ne répondent pas à leurs besoins ou qu’ils n’y trouvent pas de nourriture spirituelle. Les abus physiques et psychiques viennent également amoindrir la confiance et la crédibilité de celles et ceux qui portent le message de l’Evangile. Au-delà du constat qui peut décourager, il est relevé la nécessité d’une Eglise missionnaire. La mission est l’affaire de tous les membres des communautés chrétiennes : clercs et laïcs qui doivent témoigner du Christ par leur vie à travers l’hospitalité, le service des autres, une charité active et la bienveillance à l’égard de tous. Nous avons reçu une bonne nouvelle et espérons en la vie éternelle. Cette espérance doit nous habiter et nous guider dans nos rapports aux autres. Il incombe aux chrétiens de rejoindre leurs contemporains pour témoigner du Christ par une vie authentiquement fraternelle et évangélique. Beaucoup de contributions indiquent que les chrétiens doivent investir tous les champs de communication pour rejoindre les personnes qui sont au loin. Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables pour la mission. L’accompagnement des jeunes - et des familles en général - est un champ à réinvestir. Il convient d’inviter sans cesse, de créer, d’innover pour témoigner de l’espérance qui nous habite.

3.4. Dialogue avec le monde et la société « Le dialogue avec le monde n’est pas optionnel pour l’Église. Elle a vocation à aller vers l’autre. » 9  Les contributions relèvent souvent la tradition d’un dialogue œcuménique en Alsace notamment avec les communautés protestantes. Des échanges tout au long de l’année, les démarches personnelles ou collégiales permettent de mieux se connaître les uns les autres. Les relations et le vécu commun sont unanimement reconnus comme source de grandes joies. De nombreuses initiatives sont relevées telles que les groupes bibliques œcuméniques, les temps de prière avec les chants de la communauté de Taizé, les célébrations communes, les actions de solidarité menées en commun, les activités d’aumônerie en particulier à l’hôpital… Pourtant, plusieurs groupes évoquent une érosion, un recul des initiatives œcuméniques ces dernières années. En parallèle des démarches œcuméniques, plusieurs contributions se réjouissent des démarches de dialogue interreligieux mises en œuvre dans les zones urbaines où les communautés chrétiennes cohabitent avec d’importantes communautés musulmanes. Il est relevé la nécessité de développer le dialogue avec la société en général. Presque toutes les contributions évoquent le sentiment d’incompréhension qui existe lorsqu’il s’agit du dialogue entre l’Eglise en tant qu’institution et la société civile. Le message délivré par l’Eglise peut ne plus être entendu ou alors perçu comme un organisme décrédibilisé par les scandales des abus largement médiatisés ces dernières années. On insiste également sur la qualité des relations à développer avec les médias pour accompagner les situations délicates et faire de la pédagogie pour expliquer ce qu’est l’Eglise catholique aujourd’hui. Des pistes sont évoquées pour mettre cela en œuvre : accompagner le champ médiatique et le domaine de la culture, être humble et accueillant avec les personnes, éviter les discours moralisateurs, utiliser un langage abordable par tous, s’engager dans la société et ne pas être dans le repli identitaire, proposer des lieux de dialogue tels que des cafés théologiques, forums…

3.5. Gouvernance de l’Eglise clerc et laïcs « Mon espoir en cette démarche synodale serait que nous apprenions à discerner ensemble. Que nos décisions s’enracinent dans l’exercice d’un véritable esprit communautaire, sans prise de pouvoir brutale et blessante. Nous sommes tous en mission, jamais propriétaire de notre mission, seulement des intendants placés par la main de Dieu. » 10  Le fonctionnement des communautés chrétiennes et la gouvernance de l’Eglise à tous niveaux ont fait l’objet de très nombreuses réflexions. Le cléricalisme est perçu par les contributeurs comme la source de bien des maux et de souffrances dans les communautés chrétiennes. Beaucoup rêvent d’une institution ecclésiale partant de la communauté et non de l’organisationnel, pour que les prises de décision puissent être collégiales en impliquant les acteurs et actrices de la pastorale. Il est également demandé de pouvoir bénéficier d’un regard extérieur et de savoir faire appel à des compétences professionnelles. Il ne s’agit pas de définir le contenu de la foi de manière « démocratique » mais de permettre à toute personne de discerner sur certains sujets tels que la gouvernance et l’accueil des personnes en « marge » ou de celles qui ne se sentent pas accueillies. Le prêtre est vu d’abord comme le berger qui doit unir sa communauté, la fortifier dans la foi et la faire grandir à tous niveaux, il n’est pas à sacraliser. Beaucoup déplorent le fait que les prêtres soient dévorés par des tâches administratives et des réunions fréquentes. A la campagne, on ne voit guère le prêtre que lors des célébrations entre deux déplacements en voiture. Presque tous expriment le besoin d’une plus grande fraternité avec les prêtres et les diacres, fraternité qui passe par des temps plus importants de vie en commun, des temps de partage. Le fonctionnement des paroisses est interrogé : peuton déléguer à des laïcs des tâches et des responsabilités notamment administratives encore trop souvent effectuées par les prêtres eux-mêmes, surtout lorsqu’ils sont curés et débordés. L’accès au sacerdoce presbytéral des hommes mariés est plébiscité et le célibat, comme condition pour vivre un ministère presbytéral, demeure souvent incompris. Parallèlement, la question de l’ordination diaconale ou presbytérale de femmes est souvent posée. Sur ces sujets également, il est demandé des formations et un accompagnement notamment par les plus jeunes. Plus largement, la place des femmes est jugée trop restreinte dès qu’il s’agit de présider des célébrations, d’occuper un ministère ou de prendre des décisions. A l’instar des débats de la société civile, l’égalité homme-femme est questionnée. Globalement, on relève le désir de développer la culture des mandats, de la relecture et de l’évaluation des actions menées en équipe et dans un esprit de confiance réciproque.

3.6. Célébration et prière communautaire « De la joie qui s’exprime à travers nos chants, joie de vivre, joie de croire, joie de célébrer ensemble. » La question de la célébration des rites a fait l’objet de très nombreuses réflexions. Pour certains, la célébration de la messe ne suffi plus à nourrir la vie de prière. Ils interrogent également le langage liturgique et les gestes de la messe pour les rendre plus accessibles à de nombreux baptisés. Dans certaines remontées, la messe est jugée, comme « longue et ennuyeuse ». Souvent, il est fait état de célébrations sans joie, sans ferveur véritable d’où l’on ressort avec le sentiment de ne pas avoir reçu la nourriture spirituelle désirée, avec des homélies moralisatrices et verbeuses qui ne font pas entrer dans le mystère célébré et qui ne touchent pas le cœur. L’attente est grande de la part des fidèles, c’est un défi à relever ! On relève à ce sujet la soif spirituelle et le souhait de bénéficier d’enseignements et de partages de qualité. Pour répondre à cette situation, deux tendances se distinguent. Pour les uns, il faudrait inventer de nouvelles formes de célébrations utilisant un langage plus actuel. Certains suggèrent que la messe soit préparée en petits groupes où la créativité puisse s’exprimer. Pour les autres, il conviendrait de mettre en œuvre une véritable catéchèse pour les jeunes et les adultes qui permette à chacun d’entrer dans le mystère et de participer activement au rite célébré. Plus largement, beaucoup souhaitent voir se développer d’autres formes de célébrations telles que les offices de la liturgie des Heures, des temps de prière et de louange, des célébrations de la Parole, des temps d’adoration eucharistique, la prière du chapelet, des liturgies domestiques… Nombreuses sont les remontées estimant qu’il ne faut pas perdre les traditions qui ont nourri nos ainés. Le désir de beauté dans la célébration est souvent relevé avec la nécessité de la présence de servants d’autel et de beaux chants liturgiques pour que la liturgie élève l’âme.

3.7. Formation des chrétiens « Il nous faudra développer la formation des baptisés, selon différentes modalités, en nous souvenant que Jésus ne s’est pas adressé qu’à des intellectuels. » Au cours de la lecture des diverses synthèses revenait fréquemment le besoin de formation dans divers domaines selon les situations des uns et des autres (formation à l’écoute, au discernement, à l’accompagnement spirituel). L’approfondissement de la 12  connaissance de la Bible et de la foi font partie des besoins les plus souvent évoqués. De manière générale, l’envie de découvrir la Parole de Dieu et d’en développer le goût chez les plus jeunes est un élément récurrent dans les contributions. La mise à disposition d’outils comme « Saveurs d’Evangile » qui facilitent les partages d’Evangile est jugée précieuse. Globalement, il est relevé le désir de développer les lieux de rencontre, de culture, de formation et de ressourcement. Le désir d’une meilleure connaissance des autres religions revient surtout dans les communautés urbaines sensibilisées à la cohabitation avec d’autres cultures notamment les diverses traditions de l’islam qui interpellent. La formation des prêtres a fait l’objet de nombreuses remarques : beaucoup souhaitent que soit développée une formation appuyée sur la psychologie et l’approche du monde moderne, la capacité à manager des équipes en permettant de faire fructifier les talents sans oublier la gestion des conflits. Il est enfin nécessaire de s’appuyer sur l’esprit de service et non de pouvoir afin de déployer un souffle de vie dans les paroisses.

4. REVES, ENVIES, DESIRS En guise de conclusion, ces quelques phrases relevées dans une contribution. « Nous rêvons d’une Eglise qui soit un vrai lieu de vie, d’une Eglise qui mette en place une évangélisation adaptée, d’une Eglise qui s’ouvre aux préoccupations de ceux qu’elle cherche à évangéliser, d’une Eglise tournée vers les préoccupations du monde, d’une Eglise plus solidaire, bienveillante pour donner vie à nos valeurs chrétiennes, d’une Eglise qui accueille mieux sans exclure les minorités, d’une Eglise qui donne aux femmes toute leur place, d’une Eglise qui développe de nouveaux outils de communication, d’une Eglise qui forme les personnes qu’elle appelle, d’une Eglise moins dogmatique, moins verticale, de la communauté de paroisses à l’épiscopat, d’une Eglise où l’on décide ensemble à tous les niveaux, au plus près des réalités du monde, d’une Eglise où chacun trouve sa place, où l’on puisse témoigner, se montrer tel que l’on est, d’une Eglise humble, qui reconnaisse ses fautes.



Collecte de synthèses synodales au niveau national rédigée par la Conférence des évêques de France

Le processus synodal mis en œuvre à l’appel du pape François a mobilisé plus de 150 000 personnes en France. D’octobre 2021 à avril 2022, des équipes synodales se sont réunies à des échelles variées : diocèses, paroisses, mouvements, groupes spontanément constitués, congrégations religieuses… En fonction de leur contexte, ces équipes ont souvent choisi de traiter quelques-unes des questions envoyées par le secrétariat général du synode. Ensuite, un travail de synthèse et de discernement a été effectué à l’échelle des diocèses. Le processus synodal a suscité une participation généreuse dans beaucoup de lieux, avec le sentiment de vivre une expérience prometteuse, une démarche communautaire d’écoute et de discernement. Cette consultation a également rencontré des résistances de diverses natures. D’abord, la difficulté à entendre les voix des plus fragiles ; ensuite, la difficulté à rejoindre et mobiliser les jeunes et les jeunes adultes ; la crainte, chez certains catholiques, que ce processus serve à imposer des changements dans l’Église à laquelle ils sont attachés ; enfin, la difficulté pour beaucoup de prêtres à reconnaître l’intérêt de ce synode. Le dénominateur commun des contributions est sans nul doute la joie de la rencontre : joie d’être sollicités, joie de pouvoir répondre à l’appel du Pape François, joie de pouvoir discuter sur des sujets importants, profonds, autour d’un temps convivial, joie des rencontres fraternelles et parfois priantes soit avec des personnes inconnues soit avec des amis de longue date. Diocèse de Bordeaux La présente collecte reprend l’ensemble des synthèses diocésaines de l’Église catholique en France, ainsi que quelques contributions supplémentaires parvenues à la Conférence des évêques de France. Les contributions des congrégations et des mouvements ont également été transmises aux dicastères compétents du Saint-Siège ; dans ce document, elles ne sont donc pas identifiées spécifiquement. Cette collecte dresse le constat, aussi honnête que possible, des questions abordées dans les synthèses, ainsi que des tensions et des aspirations révélées par ce cheminement. Elle ne porte pas de jugement théologique, mais veut servir le discernement ultérieur à opérer dans l’Église, en laissant apparaître avec transparence les enjeux qui ressortent de cette consultation. Beaucoup de diocèses notent que la démarche synodale a coïncidé avec la réception du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, à travers lequel de nombreux chrétiens ont entendu un appel à la conversion. En parallèle, la pandémie due au Covid-19 a été la cause d’éloignements prolongés ; pour cette raison, elle a rendu plus évidente la nécessité de prendre soin les uns des autres. En effet, les synthèses font entendre massivement l’aspiration profonde à une Église plus fraternelle.

Des besoins ont été repérés :

l’importance de se ressourcer dans la Parole de Dieu,

L’urgence de proposer des signes parlants et crédibles dans la société d’aujourd’hui,

la nécessité de lieux de dialogue fraternel.

Ce sont eux qui structurent Collecte des synthèses synodales Jeudi 9 juin 2022 les trois grandes parties de cette collecte, dont chaque section commence par l’écoute d’une « petite voix », ce que permet spécifiquement le cheminement synodal. La soif est là. Quelles propositions peut faire l’Église pour répondre aux attentes ? La question d’une Église proche du frère, de l’autre en difficulté revient de nombreuses fois, c’est un souci réel car l’image donnée par l’Église actuellement est centrée sur l’annonce et la messe. Diocèse de Besançon 1. Se ressourcer dans la Parole de Dieu À chaque fois qu’on se réunit autour de la Parole de Dieu et qu’on cherche ensemble à comprendre, ça fait une communauté d’Église, même si ce sont des gens qui ne viennent jamais à la messe. On avance par ce que chacun apporte. […] Peut-être qu’une base de l’Église c’est les gens qui se réunissent pour lire la Parole de Dieu. Fraternité de La Pierre d’Angle, Poissy Ces personnes en grande précarité identifient dans la lecture commune des Écritures un fondement de la vie ecclésiale. En méditant les textes, chaque participant expose sa vie et sa parole à la Parole de Dieu et peut entendre les appels que Dieu adresse à chacun et à l’Église. Ainsi, tous peuvent trouver leur place : personnes très précaires ou non, chrétiens pratiquants ou non… * La phase diocésaine du synode a permis à beaucoup de chrétiens d’exprimer une conviction : la Parole de Dieu est une source à laquelle il est profondément bon de puiser ; par elle, la vie ecclésiale se renouvelle continument. Beaucoup d’équipes synodales ont d’ailleurs placé la méditation biblique au cœur de leurs rencontres. À la suite du concile Vatican II qui avait exhorté les baptisés à s’attacher aux Écritures qui contiennent la Parole de Dieu (Dei Verbum, § 24-25), les synthèses insistent sur la centralité de ce ressourcement dans la Parole, et invitent à en faire davantage l’expérience. La soif de recevoir la Parole de Dieu se manifeste très fortement dans l’ensemble des contributions, pour nourrir la vie quotidienne ou pour être partagée en groupes de fidèles ainsi que pour mieux fonder l’action de l’Église. C’est une des premières demandes qui ressort de cette démarche sur la synodalité. Diocèse de Nanterre Parmi les pratiques spirituelles évoquées, la méditation des Écritures en petites fraternités apparaît centrale. Elle est vue comme un ressourcement personnel, une manière pour l’Église de répondre avec pertinence à la quête de sens de nos contemporains, dans une pratique qui conjugue profondeur et liberté. Elle est également identifiée comme une source de vie communautaire, puisque les appels de Dieu à nos communautés se laissent découvrir dans l’écoute commune de sa Parole. De plus, l’aspect missionnaire est notable : de nombreuses fraternités constituées autour de la méditation de la Bible parviennent à intégrer des personnes qui ne se sentent pas à l’aise dans les assemblées paroissiales. Jeudi 9 juin 2022 Par ailleurs, les attentes sont fortes quant aux homélies : nombreuses sont les déceptions exprimées lorsque la prédication ne s’appuie pas suffisamment sur la Parole de Dieu et ne nourrit pas la vie quotidienne des baptisés. Un élargissement de la prédication lors de l’eucharistie aux laïcs, et spécifiquement aux voix féminines, est une demande récurrente. Une meilleure formation biblique des baptisés est souhaitée, ainsi qu’une réelle formation des pasteurs à l’homilétique ; cela concernerait aussi toute personne laïque appelée à la prédication. Enfin, beaucoup de synthèses invitent à proposer et promouvoir des célébrations de la Parole. Les « célébrations de la Parole » pourraient être plus souvent proposées en paroisse. En effet, elles permettent de rassembler largement toutes les personnes, indépendamment de l’accès au sacrement eucharistique : elles sont réellement un lieu d’unité. Elles offrent tout à fait la possibilité aux laïcs – hommes et femmes – de pouvoir commenter l’Ecriture et la forme de la prière peut y être plus libre et plus spontané. Diocèse de Marseille

2. Donner des signes crédibles de la bonté de Dieu et de l’égale dignité des baptisés Les marges, c’est nous. Les piliers de l’Église, c’est nous ! Des personnes handicapées du diocèse de Rodez Ceux qui sont à la marge peuvent-ils être les piliers de l’Église, c’est-à-dire ceux sur qui s’appuie l’édifice, ceux grâce à qui tous peuvent se réunir, ceux qui nous apprennent à regarder vers le haut tout en nous ancrant dans la terre ? Ce rêve se décline de bien des manières dans les synthèses. Celles-ci montrent combien l’Église a besoin de donner des signes crédibles, qui traduisent vraiment la Parole de Dieu et soient parlants pour nos contemporains. Ces signes n’ont pas leur fin en eux-mêmes : ils sont au service d’une Église plus fraternelle, honorant l’égale dignité de tous les baptisés.

2.1. Poursuivre l’expérience de la synodalité Marcher au rythme des plus fragiles et des plus abîmés est le meilleur moyen de marcher au rythme de tous, mais surtout celui du Christ. Diaconie du diocèse de Fréjus-Toulon Les communautés paroissiales admettent largement l’absence des plus fragiles en leur sein mais peinent à dépasser les seules incantations quant à la place des pauvres et des plus éprouvés. Or, ces derniers – lorsque leurs contributions ont été recherchées et retenues – rappellent souvent qu’ils sont bien là et esquissent une promesse : si les chrétiens veillent à marcher « au rythme des plus fragiles », ils discerneront avec plus de clarté la présence du Christ et ses appels. Cet apprentissage d’une manière de marcher et d’écouter est au centre de l’expérience synodale. Jeudi 9 juin 2022 L’expérience synodale à l’échelle diocésaine est massivement identifiée comme un moment de joie et de communion. C’est une expérience heureuse que de parler librement, en vérité, sans recouvrir les désaccords sous des compromis hâtifs. L’espérance grandit lorsque les chrétiens découvrent l’intérêt de prêter attention à des voix qu’on n’écoute pas d’ordinaire. Les laïcs souhaiteraient plus d’écoute et des relations moins hiérarchiques entre laïcs, et entre laïcs et prêtres. Ainsi, ils acquièrent la liberté d’oser proposer des initiatives à l’ensemble de la paroisse et attendent qu’elles soient accueillies. Diocèse de Belfort-Montbéliard La synodalité est un apprentissage, car l’écoute, le dialogue et le discernement s’approfondissent chemin faisant. Il existe déjà des lieux et des cadres de dialogue fraternel dans l’Église, au plan des paroisses, des doyennés ou des diocèses. Lorsque la parole y est reçue avec bienveillance, ce sont les lieux d’un cheminement synodal effectif, reconnu comme tel dans les synthèses. Cet apprentissage de la synodalité invite à des conversions : se laisser instruire par la manière dont la Parole de Dieu est reçue par les baptisés, apprendre à ouvrir des chemins plutôt qu’à donner des réponses. Accepter de se convertir, « d’être bousculé », est également tout à fait indispensable. Diocèse d’Évreux Cette expérience synodale se différencie nettement d’un sondage d’opinion : ceux qui y ont participé disent avec quelle attention ils ont cherché à se mettre sous la conduite de l’Esprit Saint ; dans ce but, ils ont souvent ancré leurs échanges dans la méditation des Écritures. Il a fallu pour cela traverser un scepticisme largement partagé quant à la capacité de l’Église à se réformer réellement, à vivre la synodalité en actes et non seulement en paroles. Une fois l’expérience faite, les synthèses expriment très largement le désir que l’expérience se poursuive, notamment en ce qui concerne l’effort d’écoute mutuelle. Une attente s’exprime, qu’il faut bien prendre garde de ne pas décevoir. Cette méfiance s’enracine dans des expériences passées, sans lendemain malgré les promesses. Diocèse de Rouen

2.2. Des ministères au service de la rencontre de Dieu et des personnes L’Église doit avoir toujours une porte ouverte. Jésus nous y tend les bras avec l’accompagnement des prêtres. Groupe Amitié Espérance Arc en ciel, diocèse de Pontoise Ce groupe de chrétiens en souffrance psychique rapproche l’accompagnement des prêtres et l’ouverture d’une porte, signe de l’accueil du Christ. De fait, les ministères sont des signes de la manière dont la Parole de Dieu rejoint l’humanité et agit dans l’Église. C’est pourquoi les personnes les plus fragiles évoquent le rôle irremplaçable des ministres, mais aussi les difficultés dans les relations avec eux. Pour ouvrir la porte de la foi et accomplir sa mission Jeudi 9 juin 2022 dans le monde que nous connaissons, de quels ministères l’Église a-t-elle besoin, et comment améliorer leur mise en œuvre ? * Les diocèses manifestent une réelle reconnaissance à l’égard des prêtres et de leur engagement, dont on lit combien il est un signe précieux. On devine la difficulté de la mission qui incombe aux prêtres tant les attentes exprimées sont plurielles et contradictoires. De manière spécifique, la charge des curés interroge : on regrette qu’il leur soit difficile de demeurer disponibles dans des paroisses qui s’étendent. Les baptisés semblent les rappeler à leur vocation : ils sont là pour accompagner les personnes plus que pour diriger une paroisse à la manière d’une entreprise. Des problèmes relationnels sont largement évoqués : autoritarisme, difficultés dans les relations avec les femmes, attitude surplombante plus que fraternelle, au point que beaucoup de synthèses évoquent ouvertement de graves inquiétudes pour l’équilibre et la santé des prêtres, ou les difficultés pour que des prêtres venus d’autres cultures réussissent à trouver leur place dans l’Église telle qu’elle existe en France. La formation des prêtres est souvent évoquée, dans deux directions. D’une part, on trouve à plusieurs reprises la suggestion d’une formation commune aux ministres ordonnés, aux ministres institués et à tous les baptisés. D’autre part, c’est dans la formation humaine des futurs prêtres (les qualités relationnelles, l’équilibre personnel, la capacité à gouverner et à communiquer) que les synthèses marquent la nécessité d’une évolution. Il est régulièrement souhaité que le célibat des prêtres soit laissé au libre choix de ceux-ci, de sorte que l’ordination presbytérale et le mariage soient compatibles. Derrière l’exigence clairement exprimée d’un rééquilibrage des responsabilités entre clercs et laïcs, c’est la soif d’un véritable compagnonnage spirituel entre baptisés de différents états de vie qui se manifeste : frustration de ne pas partager assez avec les consacrés, d’avoir des prêtres trop accaparés par les tâches de gestion pour partager des moments gratuits. Diocèse de Paris On trouve étonnamment peu de références au ministère diaconal, dont la spécificité n’est pas évoquée dans les synthèses. Par ailleurs, beaucoup de catholiques n’ont pas spontanément parlé des évêques lorsqu’ils ont évoqué l’Église. Lorsque ces mentions arrivent, elles laissent deviner soit une communion de pensée, soit des tensions non résolues – voire seulement sous-entendues – dans certaines Églises diocésaines. Les ministères institués (ministères de lecteur, acolyte, catéchiste) sont mentionnés avec des invitations pressantes pour que les diocèses s’en saisissent, afin que ces ministères puissent donner, eux aussi, des signes crédibles de la Parole et de la présence de Dieu. Il existe ici une attente urgente à l’égard des évêques : que ces ministères, désormais ouverts aux hommes et aux femmes, fassent l’objet d’une explicitation et d’une véritable mise en œuvre.

2.3. Hommes et femmes : vivre l’égale dignité baptismale L’Église ça veut dire transformer ton cœur en plus grand. Shirelle, aumônerie catholique des voyageurs, province du Nord Jeudi 9 juin 2022 Comme d’autres, les gens du voyage qui se sont exprimés font ressortir l’image de l’Église comme un lieu qui élargit le cœur de ses membres et qui est infiniment précieux pour cette raison, et simultanément comme un lieu où tant de regrettables étroitesses se manifestent. Pour ce qui est de la place des femmes, cette conjonction apparaît nettement. * Sur la question de la place faite aux femmes dans l’Église, les synthèses perçoivent une urgence ainsi que d’innombrables blessures. Les blessures viennent des difficultés dans les relations avec les prêtres et les évêques, de la criante disproportion entre le nombre de femmes engagées dans l’Église et de femmes qui sont en situation de décider. Si le service des femmes est apprécié, leur voix paraît ignorée. Qu’elles contribuent effectivement aux multiples discernements des Églises locales est l’objet d’une attente criante. C’est ici qu’une urgence est identifiée dans bien des synthèses. La manière dont les femmes sont traitées dans l’Église n’est pas ajustée à la mission de celle-ci, à une époque où l’égalité entre les hommes et les femmes est devenue une évidence commune. Les douleurs sont d’autant plus grandes qu’elles procèdent de cette conviction : l’Église se prive ainsi d’innombrables charismes et de possibilités réelles de sortir de l’entre-soi clérical. « Sur la place des femmes tout le monde bouge sauf l’Église ». […] Nous sommes révoltées par l’inégalité entre les femmes et les hommes, et ce dès le plus jeune âge, au sein de l’Église. Nous souhaitons un autre modèle pour nos enfants. Mission de France (contribution d’un groupe de femmes trentenaires) On lit aussi de nombreuses demandes pour que les femmes puissent recevoir l’ordination diaconale. Le ministère des diacres n’étant guère identifié dans sa spécificité, cela renvoie à l’attente d’« un premier pas symbolique important » (Promesses d’Église) – et à la requête, déjà évoquée, que la prédication puisse être prononcée par des femmes pendant la messe. Un peu moins souvent, même si elle est largement récurrente, on trouve la demande que les femmes puissent être ordonnées prêtres. La place des femmes dans la hiérarchie catholique est à repenser complètement, d’urgence et en profondeur, y compris théologiquement, de nombreuses contributions insistent sur ce point. Diocèse de Périgueux Jeudi 9 juin 2022

2.4. La gouvernance : reconnaître et valoriser les charismes Qu’est-ce qui peut aider dans l’Église ? Quand je suis accepté et que je peux donner : j’aime apporter quelque chose, tout simple mais j’aime donner. Communauté du Sappel, diocèse de Chambéry Ces personnes du Quart Monde expriment leur aspiration à donner et pas seulement à recevoir. Dans cette ligne, ce qui concerne la gouvernance dans l’Église ne renvoie pas d’abord à une bonne administration, mais plutôt à la valorisation des charismes, à l’accueil de ce que chacun peut offrir à la communauté. * À tous les niveaux, les communautés ecclésiales ont intérêt à se constituer à partir des charismes de chacun ; cela permet à chaque baptisé d’exercer la responsabilité qui lui revient et de prendre sa part de la mission dans la société et dans l’Église. Les synthèses expriment de nombreuses tensions à ce sujet, par exemple l’expérience récurrente d’abus de pouvoir, l’aspect « pyramidal » de la gouvernance, la peur du conflit qui invite à cacher les problèmes plutôt qu’à les traiter, l’arrivée d’un nouveau curé qui impose une direction contraire à celle qui prévalait jusqu’alors dans une paroisse… À ces tensions répondent des aspirations : que les envois en mission soient clairs et explicites, que les mandats soient limités dans le temps, que la relecture des missions et de la vie communautaire soit pratiquée régulièrement et sérieusement. On n’attend pas que tous les baptisés fassent tout, mais plutôt une certaine transparence quant aux processus de décision et aux questions financières. La coresponsabilité découle du fait que la mission est confiée à tous les baptisés (clercs et laïcs, hommes et femmes). Il faut repartir non pas exclusivement de la charge confiée mais du ministère baptismal de chacune et chacun. Le cléricalisme est un fléau où clercs et laïcs ont une responsabilité conjointe. […] La coresponsabilité est au service de la mission d’évangélisation. Diocèse de Coutances et Avranches Bien sûr, certains aspects sont paradoxaux : les chrétiens demandent à participer davantage à la réflexion et aux responsabilités, mais beaucoup de synthèses reconnaissent la difficulté à s’engager dans la durée. Avoir le souci de la représentativité : diversité des origines socio-culturelles et des générations pour que le discernement soit le plus juste et le plus objectif possible. Diocèse d’Évry – Corbeil-Essonnes À l’échelle des diocèses, on trouve trois types de demandes. D’abord, que d’authentiques contre-pouvoirs existent – par exemple avec des conseils composés de baptisés élus –, car la dimension synodale de la gouvernance ne dépend aujourd’hui que de la bonne volonté des Jeudi 9 juin 2022 évêques. Ensuite, l’existence d’une réelle subsidiarité, qui ne consiste pas à déléguer seulement les tâches, mais aussi à déléguer la prise de décisions au niveau concerné ! Enfin, que les laïcs appelés à des responsabilités se voient proposer une formation appropriée, qui puisse aussi bénéficier à l’ensemble des baptisés. L’enjeu est ici la réception du concile Vatican II et de son enseignement sur l’Église.

2.5. La liturgie : articuler profondeur et fraternité Dès que je passe les portes de la chapelle, je retrouve mes frères et ma sœur, je ne suis plus qu’un avec les autres, communion puissante. Tout ce qui est difficile dans la semaine va s’effacer comme par magie. Aumônerie de la maison d’arrêt de Caen La ferveur du détenu qui parle ici nous renvoie à la liturgie comme signe concret de ce qu’est l’Église. Célébrer Dieu s’avère une expérience de profondeur, capable de transfigurer un quotidien difficile et d’aider à l’habiter ; c’est aussi un temps de fraternité, de communion avec les autres. Cette double aspiration s’exprime largement dans les synthèses. * Beaucoup de synthèses disent combien la liturgie eucharistique est centrale dans la vie de foi des catholiques. Certains – comme ceux qui sont attachés au missel romain de 1962 (forme ancienne du rite) – aspirent à ce que la célébration de la messe réponde davantage à la soif d’intériorité des baptisés. Les synthèses relèvent également que l’eucharistie est essentielle à la constitution même des communautés. Pourtant, la liturgie apparaît largement comme un lieu de tensions, entre souplesse pastorale et attachement aux rituels, entre estime pour la richesse des symboles liturgiques et interrogations devant un langage devenu inintelligible pour beaucoup. Bien des synthèses notent aussi que la liturgie peut constituer un moment privilégié d’intégration communautaire. Cela se vérifie à l’égard des plus fragiles, avec la question de la prise en compte des handicaps (comme la surdité) ou l’espérance souvent déçue d’être accueilli comme un frère ou une sœur. Cela se vérifie également pour les plus jeunes : ils aspirent fréquemment à s’impliquer dans la préparation et la célébration de la liturgie, mais se sentent peu sollicités par des communautés où dominent d’autres générations. Pourquoi les églises sont tristes ? La messe est trop longue, trop de paroles. On passe son temps à écouter et on ne comprend pas. La prière au KT c’est plus simple, là on chante, on bouge, on prépare, c’est mieux. Jésus a réussi à célébrer, il priait beaucoup. Enfants du catéchisme, diocèse d’Autun Ces mots rejoignent trois aspirations. La première, déjà nommée, concerne la diversification des liturgies au profit de célébrations de la Parole, de temps de prière qui accordent une place centrale à la méditation des Écritures. La seconde, moins fréquente, rappelle l’importance des pèlerinages et de la piété populaire. La troisième envisage une formation liturgique renouvelée, pour faire face à ce que beaucoup de synthèses pointent comme l’irrecevabilité du langage courant dans l’Église. Jeudi 9 juin 2022 Enfin, les mentions d’un profond désaccord avec le refus que des filles servent à l’autel ou que des femmes entrent dans le chœur pour un service liturgique sont si nombreuses, qu’on ne peut douter d’une réelle souffrance vécue et d’une attente pressante à ce sujet.

3. Vivre en frères et sœurs dans le Christ L’Église doit être ouverte, sortir vers les gens, prendre le temps de la rencontre, de l’écoute. Elle doit donner la parole à tous, être une Église qui encourage, ainsi la lumière, la paix, inonderont les cœurs. Une Église qui porte un regard qui ne juge pas. Groupe Place et parole des pauvres, diocèse d’Arras L’espérance exprimée par les membres de ce groupe « Place et parole des pauvres » est largement partagée ; sans doute leur situation rend-elle d’autant plus brûlante cette soif d’écoute dans l’Église. Elle est liée au désir de trouver dans les communautés catholiques soutien et absence de jugement. Dans une société saturée d’images et d’activités, mais où les souffrances et inquiétudes sont innombrables, la capacité à accueillir et à encourager apparaît comme le meilleur témoignage rendu au Christ.

3.1. Servir la fraternité Ne pas avoir peur d’aller chercher les personnes qui ont peur de rentrer, ne pas cesser de rechercher les personnes les plus pauvres et changer le regard pour que l’Église soit plus accueillante envers les plus pauvres. Fraternité de La Pierre d’Angle La peur d’accueillir, d’annoncer, de rencontrer, peut paralyser les communautés chrétiennes. Mais les personnes du Quart Monde qui composent cette fraternité signalent combien d’autres ont peur de s’approcher de l’Église, se sentent illégitimes, indésirables. Cette double réalité, largement exprimée, provoque l’Église à cultiver la fraternité. * Les synthèses expriment fréquemment un manque de proximité et une soif de fraternité. Pour bien des diocèses, la proximité fait défaut dans l’actuel modèle paroissial, qui couvre des territoires de plus en plus vastes. La volonté missionnaire d’annoncer et d’accueillir dépend, selon beaucoup de synthèses, de la possibilité de relations proches, avec des acteurs pastoraux identifiés. Plusieurs diocèses ruraux lancent un véritable cri d’alarme, tant l’histoire récente de l’Église y est vécue comme un éloignement progressif qui engendre de la souffrance. Dès lors, la soif de fraternité génère de multiples propositions à des niveaux autres que les paroisses. Dans ce cadre sont mentionnés les mouvements, qui offrent diverses occasions de rencontre et de partage, et nourrissent la foi et l’engagement des catholiques. Surtout, beaucoup de synthèses appuient l’idée que la constitution de petites équipes fraternelles est une échelle pertinente pour vivre dans l’Église aujourd’hui. Elles citent en exemples des fraternités de proximité, soit à l’échelle d’un village ou d’un quartier, soit pour méditer la Parole Jeudi 9 juin 2022 de Dieu, soit autour des plus fragiles, soit en compagnie de ceux qui ne trouvent guère leur place dans les paroisses. Ce sont des espaces de créativité et de compagnonnage dans la durée. Les joies en Église sont essentiellement liées à un vécu de groupe (de services, de prière…), en petite communauté ou en fraternité. […] La joie est aussi celle d’une écoute inconditionnelle reçue ou partagée. Ces petites fraternités sont des lieux amicaux où se vit la convivialité qui a fait défaut durant la période de la pandémie. Diocèse de Quimper et Léon A contrario, résonne souvent la souffrance de ceux qui se sentent exclus des communautés et/ou des sacrements (personnes homosexuelles, divorcées et remariées, etc.), ainsi que de ceux qui sont témoins de telles exclusions. Selon un nombre élevé de synthèses, celles-ci constituent de sérieux contre-témoignage. Beaucoup de gens ont souligné que l’accueil de l’Église doit être inconditionnel, sans jugement, sans préjugés, respectueux, humble et bienveillant. […] Toute exclusion de sacrements liée à l’état de vie suscite incompréhension et tristesse et paraît opposée à l’accueil de tous qu’a pratiqué le Christ. Diocèse de Toulouse Quant aux jeunes générations, elles n’ont rien d’homogène, si bien que de grandes différences de sensibilités apparaissent clairement. Certains adolescents ou jeunes adultes expriment à l’égard de l’Église enthousiasme et confiance. Beaucoup d’autres disent leur attente d’une Église plus accessible et fraternelle, à tous niveaux : avec un langage plus compréhensible, des communautés plus ouvertes et accueillantes, capables de proposer un vrai ressourcement spirituel.

3.2. Cultiver l’écoute et le dialogue Nos différences ne portent pas que sur des points de détail. […] Que chacun reconnaisse avec humilité que ce qui est important pour l’un l’est peut-être moins pour l’autre, mais que tous sont frères et sœurs en Christ. Il ne s’agit pas de vivre les uns à côté des autres, en créant des clans par affinités qui ne se parleraient pas. Il s’agit de chercher ensemble comment avancer vers le Christ, et d’écouter ce que chacun a à dire pour nous laisser transformer personnellement par le dialogue. Des lieux et des moments d’accueil, d’écoute, de partage, peuvent permettre cette communion. Communauté de Taizé La difficulté du dialogue avec ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’Église catholique est reconnue, mais le dialogue n’est pas moins difficile entre catholiques. Beaucoup de synthèses mentionnent ces deux niveaux. L’Église est invitée à développer en son sein une véritable culture de l’écoute et du dialogue, pour que les catholiques soient d’autant plus à même d’entrer en dialogue avec d’autres. Jeudi 9 juin 2022 * Chemin faisant, au cours du processus synodal, l’écoute, le dialogue et le pardon sont apparus essentiels pour que les relations fraternelles s’approfondissent. Importance du travail en groupe, de vivre une réelle solidarité pour être vraiment frères. Importance des cafés partagés, des apéros partagés…, de temps festifs en communauté. Diocèse de Chartres Beaucoup de synthèses signalent également l’intérêt de « tiers-lieux » : des lieux pensés pour permettre un dialogue avec les non-chrétiens, des lieux où il est possible de rencontrer des personnes qui n’entrent pas d’ordinaire dans les églises. C’est d’autant plus important que le langage de l’Église et de ses pasteurs apparaît largement difficile à comprendre, tant il semble déconnecté de l’expérience quotidienne. Tout ce qui permet à des catholiques de rencontrer des habitants de leur quartier ou de leur village est nettement mis en avant dans les synthèses. Ces mêmes « tiers-lieux » correspondent également aux endroits où s’incarnent les innombrables engagements des catholiques dans la solidarité avec les familles en précarité, avec les personnes malades, dans l’accompagnement des migrants… L’enseignement catholique apparaît comme une opportunité pour une présence d’Église et une annonce explicite de l’évangile. Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier Au-delà de cette question des lieux, les synthèses diocésaines ne remettent pas en question la laïcité des institutions publiques, mais elles notent que la culture laïque de notre pays rend difficile le témoignage explicite des chrétiens, ou même la possibilité d’aborder avec d’autres les enjeux spirituels essentiels à toute vie. Dans ce contexte, la mission de l’Église est presque toujours conçue sur le mode du dialogue et du partage d’expériences, pour deux raisons. D’abord, il importe d’accueillir ce que la société dans laquelle nous vivons nous apprend de bon ; on trouve ainsi quelques références à la préoccupation écologique partagée par les catholiques. Ensuite, un nombre considérable de synthèses sont habitées par la conscience qu’une profonde humilité conditionne le témoignage que l’Église peut donner et le service qu’elle est en mesure d’offrir. Toute tentative de donner des leçons est désormais irrecevable pour ceux à qui, précisément, on voudrait s’adresser. Les nombreuses demandes de formation à l’écoute et au dialogue attestent une recherche de cet ordre. Enfin, l’œcuménisme est peu évoqué, sinon sur le mode d’une aspiration insatisfaite. Pourtant, là où il est vécu, il provoque joie et enrichissement mutuel, et constitue un signe heureux pour la société fragmentée dans laquelle nous vivons.

Conclusion Nous rêvons d’une Église […] où l’Esprit Saint puisse agir et susciter de la nouveauté, prête à accompagner les mutations de nos sociétés, débarrassée d’un certain nombre de lourdeurs Jeudi 9 juin 2022 dans son fonctionnement, avançant résolument vers l’unité, où la parole soit libre, toujours attentive aux petits et aux laissés pour compte, priante et confiante en son Créateur et en son Sauveur. Diocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise On repère dans les synthèses deux promesses particulièrement stimulantes, étroitement liées l’une à l’autre : elles ont pour objet la Parole de Dieu (partie I) et la fraternité (partie III). La Parole de Dieu est reconnue comme une source de sens, de cheminement spirituel et de communion, que l’Église a pour mission de rendre plus accessible. L’accueil commun de cette Parole engendre une fraternité qui se déploie de différentes manières ; les synthèses insistent pour que le niveau de proximité le plus grand soit aussi le plus cultivé. Cette fraternité passe par l’écoute et le dialogue, en cherchant à répondre fidèlement aux appels de l’Esprit Saint : c’est là le cœur de l’expérience synodale. Pour annoncer la Parole de Dieu par et dans la fraternité, l’Église a besoin de signes crédibles de la proximité de Dieu (partie II). Ceux-ci n’ont pas leur fin en eux-mêmes, mais participent à faire de l’ensemble du corps ecclésial un « sacrement » de l’appel que Dieu adresse à notre humanité. Les pistes pour que ce « rêve » devienne réalité sont déjà nombreuses : elles nourrissent notre espérance, et nous invitent maintenant à de nouvelles conversions.



























Dernière modification le 31/10/2022

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